Leaders responsables

01 mai 2026

Face à l’urgence climatique et à la montée des inégalités, le rôle des leaders se transforme en profondeur. Diriger ne consiste plus seulement à créer de la valeur économique : il faut désormais composer avec des enjeux complexes, aux répercussions bien réelles. Devant l’ampleur de ces bouleversements, la formation exécutive devient un passage obligé pour mieux comprendre, et surtout mieux agir.

Aujourd’hui, impossible de faire abstraction des grandes crises auxquelles le monde doit faire face, qu’il s’agisse de la dégradation des écosystèmes ou des inégalités sociales, affirme d’emblée Dominique Anglade, directrice exécutive de l’École des dirigeantes et dirigeants HEC Montréal et professeure associée à la Direction de la transition durable. « Ne pas tenir compte de ces enjeux aurait d’immenses conséquences, puisqu’il s’agit de questions existentielles pour l’humanité », soulève-t-elle.

Or, dans un quotidien dicté par l’urgence, les gestionnaires ont rarement le temps de s’arrêter pour réfléchir à ces transformations. Se former permet justement de prendre ce pas de recul, de mieux comprendre les changements en cours et d’ajuster ses décisions en conséquence.

Des contenus actualisés

Depuis plusieurs années, l’École des dirigeantes et dirigeants HEC Montréal est en action et déploie des programmes pour former des leaders responsables, capables de décider avec lucidité dans un monde plus instable, plus fragmenté et plus exigeant. Dans un contexte marqué par les pressions économiques, les tensions géopolitiques, la polarisation sociale et l’évolution rapide des attentes envers les organisations, diriger exige désormais bien davantage que de l’expérience ou de l’intuition. Il faut savoir lire les signaux, arbitrer avec discernement et inscrire ses choix dans une perspective durable.

« Cette ambition se reflète dans l’ensemble de nos programmes. Les enjeux liés à la responsabilité, à la gouvernance, à l’éthique, à l’environnement ou à l’impact social ne relèvent plus d’un champ à part. Ils traversent aujourd’hui toutes les grandes décisions de gestion et redéfinissent le rôle même des dirigeantes et des dirigeants », souligne la directrice exécutive de l’École.

Philippe Gignac, président-directeur général d’Uni-Recycle, en a fait l’expérience en s’inscrivant à la Certification en gouvernance d'entreprise afin d’accompagner la croissance de son organisme. « Quand on atteint un certain seuil, on ne peut plus se reposer uniquement sur l’expérience terrain pour diriger, surtout lorsque l’on vise les marchés internationaux », explique-t-il. Les effets ont été concrets. Uni-Recycle a déjà amorcé plusieurs changements structurants, dont l’adoption d’une politique de rémunération durable tenant compte de la performance en matière de facteurs ESG.

Une expérience immersive et transformatrice

Les parcours développés par l’École se veulent à la fois pratiques, concrets et ancrés dans la réalité des gestionnaires. « Compte tenu du temps limité dont nous disposons – les formations durent entre un et neuf jours –, le contenu doit pouvoir être appliqué dès le retour en entreprise », fait valoir Dominique Anglade. Études de cas, outils et cadres d’analyse viennent ainsi structurer la réflexion et soutenir la prise de décision.

Certains des programmes sont offerts en formule immersive, en résidence. Les participantes et les participants séjournent à l’hôtel pendant quelques jours afin de vivre une expérience d’apprentissage plus riche, propice au recul et aux échanges. Des activités à l’extérieur, notamment en entreprise, sont également prévues pour mieux assimiler la matière et relier les contenus à des situations concrètes.

Ces expériences sont renforcées par l’apport de conférencières et de conférenciers provenant de milieux divers, dont l’expertise permet d’ouvrir la réflexion bien au-delà des cadres habituels de gestion. À titre d’exemple, Simon Paré-Poupart, auteur du livre Ordures! Journal d’un vidangeur, accompagne les participants au parc Frédéric-Back, à Montréal, pour révéler, sur le terrain, les enjeux très concrets liés aux déchets, à la réhabilitation et à l’économie circulaire. « Au Québec, tout est à inventer en matière de réemploi et de réutilisation », avoue cet éboueur qui a cumulé plus de 20 ans d'expérience dans la métropole.

« Ces différentes expériences mettent en lumière des réalités souvent éloignées du quotidien des gestionnaires, tout en ancrant les enjeux dans des expériences bien tangibles. L’objectif est d’offrir des parcours de haut niveau, immersifs et transformateurs. Au-delà des connaissances acquises, ces formations invitent aussi à redéfinir son rôle de leader dans un monde en pleine transformation », résume Dominique Anglade.

Pour aller plus loin

L’École des dirigeantes et dirigeants HEC Montréal propose différents programmes permettant de prendre réellement part aux changements, comme le parcours Ascension, le programme Leadership durable : pilotez la transition dans un contexte de polarisation, la Certification en gestion environnementale, sociale et de gouvernance (ESG) ou le programme Finance durable et critères ESG : développez une stratégie responsable et rentable.

Cet article est tiré de la revue Gestion.